Avez-vous vu ce reportage sur France TV, il y a quelques mois ?
Après la guerre et jusqu’aux années 1980, des adolescentes ont été placées par la justice dans les couvents de la Congrégation du Bon Pasteur, une institution qui n’était finalement que des maison de redressement pour jeunes filles soit disant difficiles. Devenues des femmes, des épouses et des mères respectables, ces anciennes pensionnaires -qui sont des centaines- se battent aujourd’hui pour dénoncer les mauvais traitement infligés par ces religieuses. Elles demandent des excuses officielles et la reconnaissance de leur statut de victime pour toutes les violences subies. La première étant de ne pas avoir reçu d’enseignement scolaire. Leur quotidien c’était du travail forcé, des humiliations, de la maltraitance corporelle et même des abus sexuels. Comment ne pas vouloir fuguer, et souvent reprises, elles avaient, pire, droit au cachot. Certaines pensionnaires ont mis fin à leurs jours.
Il aura fallu des décennies pour que soit brisé le silence. Regroupées dans l’association Les filles du Bon Pasteur, ces femmes demandent aujourd’hui la reconnaissance de la responsabilité de l’état dans leur placement abusif.
Lorsque j’étais jeune et en foyer de filles sur Lyon, j’ai eu une compagne de chambre – Dominique – qui était passée par le Bon Pasteur. Elle était très gentille et elle n’aurait pas fait de mal à une mouche…
« chapeau » comme on dit parfois aux 4 journalistes qui ont fait cette enquête très documentée. Elle aura sans aucun doute son poids dans les procès à venir…
