
Tout le monde connait le funeste destin des enfants d’Izieu qui s’est joué le 6 avril 1944 dans notre département mais combien d’entre nous se sont rendus sur le site du Mémorial et on vu les lieux ?
C’est émouvant de voir chaque visage de ces gosses que l’on a pas réussi à sauver. La visite peut se faire en famille (à partir de 10 ans pour les enfants). Prendre absolument des billets pour une visite guidée. Les deux jeunes hommes qui racontent cette histoire douloureuse sont des historiens confirmés.
Sabine Zlatin, juive polonaise réfugiée en France avant la guerre et infirmière de la Croix Rouge veut éloigner des enfants juifs de Montpellier où les rafles nazies sont nombreuses. Pierre Marcel Wiltzer (sous préfet à Belley) propose une maison pour créer une colonie d’enfants qui se situe à l’entrée du village d’Izieu, en retrait de la route de Belley, à la frontière de 3 départements. – Ici vous serez tranquilles – dit-il à Sabine Zlatin. Elle accepte et entame avec son mari, le transfert des enfants. Elle engage des éducateurs. Une classe supplémentaire est créée et une institutrice est nommée. Izieu est en zone libre mais, en 1943, elle est rapidement englobée dans la zone d’occupation italienne. Quand l’Italie capitule, l’armée allemande occupe aussitôt les départements de cette ancienne zone italienne. Les persécutions antisémites s’y intensifient. Dans les premiers mois de 1944, les responsables de la colonie prennent conscience de la nécessité de disperser les enfants. Pierre Marcel Wiltzer est muté à Châtellerault dans la Vienne. Les MIRO ZLATIN perdent leur allié et fidèle soutien dans l’administration. Sabine est à Izieu en mars 44 mais elle décide de repartir à Montpellier à la fin de ce mois pour trouver un refuge plus sûr pour les enfants avec l’aide de l’abbé Charles Prévost. C’est durant ce déplacement qu’elle apprend, par télégramme, la rafle des enfants. Elle se précipite à Vichy, rencontre Joseph Darnand mais il ne veut rien entendre…
La rafle : Le 6 avril 1944 c’est le premier jour des vacances de Pâques. Les troupes de la Gestapo (sous le commandement de Barbie) investissent la colonie et arrêtent les 44 enfants résidents et 7 adultes dont le mari de Sabine Zlatin. Les camions se dirigent à la prison de Montluc de Lyon. Le lendemain, 7/04, les enfants sont transférés par train au camp de Drancy. 34 d’entre eux partiront par le convoi 71 pour être déportés au camp d’ AUSCHWITZ. Les autres enfants et adultes partiront par divers convois les 13 avril, 20 mai, 30 mai et 30 juin 44. Les enfants seront exterminés dès leur arrivée (le plus petit avait 4 ans).
Les 2 adolescents Arnold Hirsch et Théodor Reis ainsi que Miron-Zlatin, déportés, eux, à Tallinn disparaitront. Il est certain maintenant qu’ils ont été fusillés en forêt lors d’expéditions punitives (avant l’arrivée des soldats russes).
Sabine Zlatin, a consacré le reste de son existence à son combat pour la mémoire des enfants d’Izieu. On se souvient de sa prise de parole au procès de Klaus Barbie en 1987… de son cri :ce n’étaient que des enfants ! Il est interdit d’oublier ça.
Lors de l’instruction, Serge Klarsfeld a retrouvé le télex de K. Barbie qui rendait compte de la déportation des 44 enfants. Cette pièce décisive constitue l’une des principales preuves qui ont permises de prononcer sa condamnation pour crime contre l’humanité.



